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PISA 2025 : et si nous écoutions aussi ce que les jeunes nous disent ?

Photo du rédacteur: Dominique Allard Meynard
Dominique Allard Meynard
il y a 7 minutes
8 min de lecture


COMMENT LES ACCOMPAGNER
COMMENT LES ACCOMPAGNER

Les résultats de l’enquête internationale PISA 2025 viennent d’être publiés.

Comme à chaque nouvelle édition, les premiers titres parlent de niveau scolaire, de baisse des résultats, de mathématiques, de lecture et de classement international.

Oui, ces chiffres doivent nous interpeller.


En France, 64 % des jeunes de 15 ans atteignent au moins le niveau de base attendu en mathématiques et 67 % en compréhension de l’écrit. Les résultats français reculent par rapport à 2022 dans ces deux domaines, tandis qu’ils restent globalement stables en sciences.

Plus largement, les performances de 2025 figurent parmi les plus faibles enregistrées par la France depuis sa participation à PISA. La France reste toutefois proche de la moyenne des pays de l’OCDE dans les trois grands domaines évalués.


Mais derrière ces résultats, il y a autre chose.

Il y a des adolescents.

Des jeunes qui apprennent, doutent, cherchent leur place, se découragent parfois, mais qui sont aussi curieux, capables de progresser et qui ont envie de donner du sens à leur avenir.


Et si, au lieu de nous demander uniquement « Quel est leur niveau ? », nous commencions également par nous demander :


« De quoi ont-ils besoin pour apprendre, progresser et construire leur avenir ? »


Ils sont curieux… mais ne savent pas toujours comment apprendre

C’est l’un des enseignements que je trouve les plus intéressants dans PISA 2025.


75 % des jeunes français interrogés déclarent s’intéresser à beaucoup de choses.

Nous sommes donc loin de l’image d’une génération qui ne s’intéresserait plus à rien.


En revanche, seulement 54 % déclarent redoubler d’efforts lorsque le travail devient difficile.

Et lorsqu’on regarde leurs méthodes de travail, une autre donnée apparaît :


seuls 33 % des élèves français disent planifier souvent ou très souvent leur travail scolaire.
Ils ne sont également que 48 % à se poser des questions sur ce qu’ils doivent réviser pour vérifier qu’ils ont réellement compris.

Voilà qui change notre manière de regarder certaines difficultés scolaires.


Un adolescent qui passe deux heures devant ses cours sans résultat n’est pas nécessairement paresseux.


Il peut tout simplement ne pas savoir comment travailler efficacement.

Relire quatre fois une leçon n’est pas forcément apprendre.

Passer deux heures sur un devoir n’est pas forcément travailler efficacement.

Commencer ses révisions la veille d’un contrôle n’est pas nécessairement un manque de volonté : cela peut révéler une difficulté à anticiper et à organiser son travail.


Ce que nous pouvons mettre en place suite à PISA

Avant de demander à un jeune de « travailler davantage », apprenons-lui à travailler autrement.


Cela peut commencer très simplement :

  • découper un travail important en petites étapes ;

  • définir une priorité pour la soirée plutôt qu’une liste interminable ;

  • planifier les révisions plusieurs jours avant une évaluation ;

  • alterner les périodes de concentration et les pauses ;

  • se tester plutôt que simplement relire ;

  • apprendre à identifier ce qui est compris et ce qui ne l’est pas encore ;

  • lui permettre progressivement de construire sa propre méthode.


L’objectif n’est pas de créer une organisation parfaite.


L’objectif est qu’un jeune puisse un jour se dire :

« Je sais ce que j’ai à faire, je sais par où commencer et je sais comment m’y prendre. »

C’est cela, l’autonomie.



ILS NOUS EXPRIMENT LEURS BESOINS
ILS NOUS EXPRIMENT LEURS BESOINS

Quand un jeune dit « l’école ne sert à rien », essayons d’entendre ce qu’il y a derrière


Une donnée de PISA 2025 mérite particulièrement notre attention.


26 % des élèves français interrogés considèrent que l’école a été une perte de temps.
La moyenne de l’OCDE n’est que de 4 %.

Ce chiffre est impressionnant.


Mais il serait trop simple de répondre à ces jeunes :

« Tu comprendras plus tard. »


Lorsqu’un adolescent ne perçoit plus l’utilité de ce qu’il apprend, il peut progressivement perdre sa motivation.


Il peut faire ses devoirs parce qu’il « faut les faire », apprendre pour obtenir une note puis oublier, ou finir par décrocher.


Il faut alors remettre du sens.

  • Pourquoi est-ce que j’apprends ?

  • Qu’est-ce qui m’intéresse ?

  • Dans quoi suis-je à l’aise ?

  • Qu’est-ce que j’aime faire en dehors de l’école ?

  • Quels métiers existent ?

  • Quels problèmes aimerais-je contribuer à résoudre ?

  • À quoi pourrait ressembler ma vie professionnelle ?


L’orientation prend ici une dimension beaucoup plus large que le simple choix d’une formation.


L’orientation ne devrait pas commencer par : « Quel métier veux-tu faire ? »


Demander à un jeune de 13, 14 ou 15 ans :

« Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? »

peut parfois être une question immense.


Comment choisir ce que l’on ne connaît pas ?


À cet âge, l’accompagnement à l’orientation devrait d’abord permettre de découvrir.

  • Découvrir ses centres d’intérêt.

  • Découvrir ses compétences.

  • Découvrir ce que l’on fait naturellement avec plaisir.

  • Découvrir des secteurs et des métiers que l’on ne rencontre pas forcément dans son environnement familial.

  • Découvrir les différentes voies de formation.


Et surtout comprendre qu’une orientation se construit progressivement.


Les notes sont importantes, mais elles ne racontent jamais toute l’histoire d’un jeune.


Celui qui passe ses week-ends à réparer son vélo, celle qui adore s’occuper des animaux, celui qui organise naturellement les sorties du groupe, celle qui crée des vidéos, celui qui passe des heures à observer la nature ou à programmer sur son ordinateur nous donnent déjà des informations précieuses.


Ce que les jeunes aiment faire en dehors de l’école peut aussi nous parler de leur orientation.


Une génération qui veut aussi être utile


PISA 2025 apporte sur ce sujet une information particulièrement intéressante.

En France, 58 % des jeunes interrogés déclarent souhaiter contribuer à la protection de l’environnement dans leur futur emploi.
Ils sont également 82 % à penser qu’il existe des choses qu’ils peuvent faire pour avoir un impact positif sur l’environnement.

Ces chiffres devraient nous inviter à élargir considérablement notre manière de parler des métiers aux adolescents.


Lorsqu’un jeune nous dit :

  • « J’aime la nature. »

  • « Je voudrais protéger les animaux. »

  • « Le changement climatique m’inquiète. »

  • « J’aimerais faire quelque chose d’utile. »


Ne répondons pas immédiatement par un nom de métier.


Explorons.


Il existe des formations et des métiers autour de l’eau, des forêts, de la biodiversité, de l’agriculture et de l’agroécologie, du génie écologique, de la protection de la faune, des sols, des risques naturels, de l’adaptation au changement climatique ou encore des nouvelles technologies appliquées à l’environnement.


Certains sont connus. Beaucoup le sont beaucoup moins.


C’est aussi notre rôle d’adultes et de professionnels de l’orientation : ouvrir le champ des possibles avant de demander au jeune de choisir.


La DEPP souligne d’ailleurs qu’en 2025 les élèves français obtiennent, dans la nouvelle dimension consacrée aux sciences de l’environnement, des résultats supérieurs à ceux que laisserait attendre leur niveau général en culture scientifique.

Il y a là quelque chose à écouter.



ILS ONT LEUR VISION DE LEUR AVENIR
ILS ONT LEUR VISION DE LEUR AVENIR


Les jeunes pensent qu’ils peuvent progresser : ne cassons pas cette conviction


Il existe aussi dans PISA 2025 une donnée très encourageante.


81 % des jeunes français interrogés considèrent que l’intelligence peut se développer grâce au travail, aux efforts et aux retours reçus.

C’est davantage que la moyenne OCDE, qui se situe à 69 %.


Et les élèves français présentant cette « mentalité de croissance » obtiennent de meilleurs
résultats en sciences : l’écart atteint 31 points, une fois pris en compte le profil socio-économique des élèves et des établissements.


Cela signifie qu’une grande majorité de nos jeunes pensent encore qu’ils peuvent évoluer.


À nous de ne pas les enfermer dans des étiquettes :


  • « Tu es nul en maths. »

  • « Tu n’es pas scolaire. »

  • « Tu n’es pas fait pour les études. »

  • « Avec tes notes, tu ne pourras pas… »


Remplaçons progressivement ces verdicts par des questions :


  • Qu’est-ce qui te bloque ?

  • Qu’est-ce que tu n’as pas encore compris ?

  • Quelle autre méthode pourrait-on essayer ?

  • Qu’est-ce qui fonctionne mieux pour toi ?


Un résultat scolaire décrit une performance à un moment donné.

Il ne résume pas une personne et ne prédit pas à lui seul son avenir.


Les parents ont également un rôle essentiel… mais pas celui de faire à leur place



PISA met enfin en évidence une évolution qui mérite notre attention.


En 2025, 63 % des jeunes français déclarent que leurs parents leur demandent au moins une fois par semaine ce qu’ils font pendant leur journée à l’école, contre 74 % en 2022.


Plus préoccupant encore : seuls 34 % déclarent parler au moins une fois par semaine avec leurs parents des problèmes qu’ils peuvent rencontrer à l’école, contre 48 % en 2022.


Il ne s’agit évidemment pas de transformer chaque dîner en conseil de classe.


Mais nous pouvons recréer des espaces de dialogue.


Et parfois, changer une seule question change complètement la conversation.


  • Au lieu de :

  • « Tu as eu combien ? »

  • essayer :

  • « Qu’est-ce que tu as trouvé intéressant aujourd’hui ? »

  • Au lieu de :

  • « Tu as fait tes devoirs ? »

  • essayer :

  • « Tu sais comment tu vas t’organiser ce soir ? »

  • Au lieu de :

  • « Alors, tu veux faire quoi plus tard ? »

  • essayer :

  • « En ce moment, qu’est-ce qui t’intéresse vraiment ? »

  • Et surtout : écouter la réponse avant de proposer une solution.



Accompagner plutôt que contrôler


Les résultats de PISA 2025 ne doivent pas devenir un nouvel outil pour inquiéter les familles ou mettre davantage de pression sur les adolescents.

Ils peuvent au contraire nous inviter à regarder autrement leurs besoins.

Nos jeunes ont besoin de connaissances fondamentales, bien sûr.


Mais ils ont également besoin d’apprendre à :


s’organiser, comprendre comment ils apprennent, persévérer, demander de l’aide, découvrir leurs forces, identifier leurs centres d’intérêt, explorer les métiers et donner progressivement du sens à leur parcours.


Et ils ont besoin d’adultes capables de les accompagner sans décider systématiquement à leur place.


Un jeune n’a pas nécessairement besoin que nous lui donnions immédiatement la bonne réponse.


Il a parfois davantage besoin que nous l’aidions à trouver ses propres réponses.


C’est cette philosophie qui guide mon accompagnement au sein d’APC Coaching et des parcours TRACE.


L’objectif n’est pas de construire à la place du jeune un parcours parfait et rectiligne.

Il est de lui transmettre progressivement des outils, de la méthode et une meilleure connaissance de lui-même pour qu’il puisse devenir acteur de ses choix.


Parce que derrière les résultats PISA, les moyennes et les statistiques, il y a quelque chose qu’aucun classement international ne pourra totalement mesurer :


un jeune qui cherche encore ce dont il est capable et la place qu’il souhaite prendre dans le monde.


Et notre rôle est peut-être d’abord de l’aider à la découvrir.



Sources et références

OCDE — Résultats du PISA 2025, France, publié le 8 septembre 2026. Données sur les performances scolaires, la curiosité, la persévérance, l’autorégulation des apprentissages, le rapport à l’école, le soutien parental et les aspirations environnementales.Consulter la fiche PISA 2025 consacrée à la France

DEPP – Ministère de l’Éducation nationale — PISA 2025 : culture scientifique, publié le 8 septembre 2026. La France obtient un score moyen de 483 points en sciences et se situe dans la moyenne de l’OCDE ; les inégalités sociales de performance demeurent importantes.Consulter l'analyse de la DEPP

Ministère de l’Éducation nationale — PISA 2025 : une baisse des résultats commune à l’OCDE, publié le 8 septembre 2026. Le ministère souligne le recul en compréhension de l’écrit et en mathématiques et la relative stabilité des sciences.Consulter le dossier PISA 2025 du ministère



Dominique Allard — APC CoachingOrientation scolaire et professionnelle • Méthodologie • Connaissance de soi • Accompagnement des jeunes et des famillesSérénité • Ambition • Réalisation

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